Le cahier des charges est le document qui cadre un ravalement avant toute consultation d’entreprises : il décrit l’état de la façade, les travaux attendus, les matériaux imposés et les conditions d’exécution. C’est lui qui permet d’obtenir des devis réellement comparables. Sans lui, chaque façadier chiffre sa propre interprétation du chantier. Voici un modèle complet, section par section, utilisable pour une maison individuelle comme pour une copropriété.
Cahier des charges, CCTP, descriptif : de quoi parle-t-on ?
Pour une maison individuelle, un cahier des charges de quelques pages suffit : c’est le document que vous remettez aux entreprises consultées pour qu’elles chiffrent toutes la même chose. En copropriété ou sur un chantier important, il prend la forme d’un CCTP (cahier des clauses techniques particulières), généralement rédigé par un architecte ou un maître d’œuvre, qui décrit chaque ouvrage par référence aux DTU applicables. Le principe reste identique : décrire précisément l’existant, les travaux attendus et les conditions d’exécution.
Les trois DTU qui reviennent dans tout cahier des charges de ravalement :
| Norme | Ce qu’elle couvre |
|---|---|
| DTU 26.1 | Enduits de mortier (préparation des supports, épaisseurs, délais entre couches) |
| DTU 42.1 | Revêtements d’imperméabilité à base de polymères (façades fissurées) |
| DTU 59.1 | Travaux de peinture des bâtiments (impression, nombre de couches, conditions d’application) |
Modèle de cahier des charges de ravalement, section par section
Reprenez ces huit sections dans l’ordre. Pour chacune, nous indiquons ce qu’il faut écrire et les pièges à éviter.
1. Présentation de l’ouvrage et objet des travaux
Adresse, type de bâtiment (maison, immeuble, année de construction), nature des façades (enduit, pierre, brique, béton), surface approximative par façade, hauteur et accès. Précisez l’objet : ravalement complet, remise en peinture, réparation ponctuelle, avec ou sans isolation. Quelques lignes suffisent, mais elles délimitent ce que les entreprises devront chiffrer.
2. État des lieux et diagnostic
Décrivez les désordres constatés, façade par façade : fissures (localisation, largeur, orientation), décollements d’enduit, salissures, mousses, efflorescences, joints dégradés, éléments métalliques corrodés. Joignez des photos datées. Si un diagnostic a identifié les causes (infiltration, remontées capillaires, mouvement du bâti), reportez-le : réparer sans traiter la cause, c’est refaire les mêmes travaux dans cinq ans.
3. Contraintes réglementaires
Mentionnez la déclaration préalable de travaux (obligatoire dès que l’aspect extérieur change), les prescriptions du PLU sur les couleurs et finitions, l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France en secteur protégé, et les éventuelles obligations décennales de ravalement propres à votre commune. Indiquez qui, du maître d’ouvrage ou de l’entreprise, dépose la déclaration.
4. Préparation du chantier et des supports
Décrivez ce que vous exigez : échafaudage conforme, protection des ouvertures et des abords, signalisation. Pour le support lui-même, précisez le mode de nettoyage (brossage, lavage haute pression, gommage ou nettoyage chimique selon le matériau) et le traitement anti-mousse. Imposez que la technique de nettoyage soit adaptée au support : un sablage agressif sur une pierre tendre ou une brique ancienne fait plus de dégâts qu’il n’en répare.
5. Réparations
Listez les réparations attendues et leur mode opératoire : ouverture et rebouchage des fissures (mastic élastomère ou mortier de réparation selon leur activité), reprise des zones d’enduit décollées, remplacement des joints, reconstitution des éléments en pierre ou brique, traitement anti-corrosion des ferronneries. Demandez que chaque réparation soit chiffrée en ligne distincte du devis, à la quantité (m² ou mètre linéaire) : c’est le poste le plus variable d’une entreprise à l’autre.
6. Revêtements et finitions
La section qui mérite le plus de précision. Indiquez la famille de revêtement (enduit hydraulique à la chaux ou au ciment, enduit organique, peinture acrylique, pliolite, siloxane ou minérale), la finition (talochée, grattée, projetée, lissée), la teinte ou la référence de couleur autorisée par le PLU, et le nombre de couches. Sur support ancien, exigez une impression avant peinture. Sur un mur ancien, choisissez un matériau perméable à la vapeur d’eau : un enduit ciment ou une peinture filmogène sur une maison en pierre enferme l’humidité dans les murs.
7. Sécurité, environnement et vie du chantier
Rappelez les exigences : équipements de protection, échafaudage vérifié, gestion des déchets avec évacuation en fin de chantier, limitation du bruit et de la poussière, horaires. En copropriété, ajoutez le maintien des accès, l’information des occupants et la protection des balcons. Si le bâtiment date d’avant 1997, le repérage amiante avant travaux est obligatoire ; écrivez qui le fournit.
8. Réception, garanties et documents exigés
Prévoyez un procès-verbal de réception avec réserves et délai de levée. Exigez des entreprises consultées : attestation d’assurance responsabilité civile professionnelle et de garantie décennale (avec zone géographique couverte), références de chantiers comparables, fiches techniques des produits proposés. Précisez les conditions de paiement acceptées : acompte plafonné, situations de travaux, solde à la réception.
Le cas particulier de la copropriété
En copropriété, le cahier des charges est le document sur lequel repose toute la consultation votée en assemblée générale. Le déroulé habituel : diagnostic de façade, rédaction du cahier des charges (souvent confiée à un architecte ou un maître d’œuvre, dont la mission inclut une réunion de validation avec le conseil syndical), consultation d’au moins trois entreprises sur ce document unique, analyse comparative des offres, puis vote des travaux et du financement en AG. Plus le document est précis, moins l’analyse des offres prête à contestation, et moins le chantier réserve d’avenants.
Si le ravalement intègre une isolation par l’extérieur, le cahier des charges doit le traiter comme un lot à part entière : épaisseur et nature de l’isolant, traitement des points singuliers (balcons, appuis, jonctions), et conséquences administratives. Notre guide de l’isolation thermique par l’extérieur détaille ces points.
Check-list : votre cahier des charges est-il complet ?
- Description du bâtiment, des façades et de l’objet des travaux
- État des lieux des désordres, avec photos, façade par façade
- Contraintes réglementaires (déclaration préalable, PLU, ABF) et responsable des démarches
- Préparation du support et technique de nettoyage adaptée au matériau
- Réparations listées, à chiffrer en lignes distinctes et en quantités
- Revêtement, finition, teinte et nombre de couches précisés, DTU de référence cités
- Sécurité, gestion des déchets, contraintes de voisinage ou de copropriété
- Modalités de réception, garanties et attestations d’assurance exigées
Votre cahier des charges est prêt ? L’étape suivante est la consultation : recevez jusqu’à 3 devis d’artisans façadiers de votre secteur, gratuitement et sans engagement, et comparez-les ligne à ligne sur la base de ce document. Pour savoir à quoi ressembleront les chiffrages, consultez nos exemples de devis de ravalement décryptés.
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